Les sociétés occidentales sont-elles de plus en plus inégalitaires, et pour quelles raisons ? Comment comprendre le recul du fait religieux dans les sociétés contemporaines, et la persistance de son extraordinaire pouvoir de mobilisation ? L’Etat n’est-il qu’une solution occidentale (et potentiellement dépassée dans sa forme bureaucratique) permettant de gérer la question politique, ou est-il une institution susceptible de se généraliser à l’ensemble des pays du globe ? Comment comprendre la singularité et les transformations du capitalisme contemporain ? Ces enjeux que l’on trouve au cœur des débats politiques et médiatiques contemporains sont aussi ceux que les sciences sociales, et plus particulièrement la sociologie, ont explorés depuis désormais plus d’un siècle.
L’objet du séminaire est de proposer une introduction synthétique et documentée des connaissances fondamentales établies par la sociologie depuis plus d’un siècle : à ce titre, ce séminaire constitue une introduction aux savoirs produits par les sciences sociales. Il a par ailleurs pour but de leur présenter la démarche de ces disciplines (et plus particulièrement de la sociologie) en insistant sur plus particulièrement sur trois éléments qui contribuent à la définir : la rupture d’avec le sens commun, la démarche d’enquête, le travail conceptuel et analytique.
L’enjeu du séminaire, plus précisément, est double.
Il s’agira, tout d’abord, de présenter les débats et les lignes problématiques qui traversent les sciences sociales : les individus sont-ils irrémédiablement soumis aux influences que le groupe exercent sur eux, ou faut-il au contraire saisir les collectifs comme une émanation de l’agrégation des actions individuelles qui lui donnent corps ? Pour comprendre les pratiques d’un individu, faut-il les décrire objectivement ou doit-on saisir le sens que l’acteur donne à ses actes ? Les sociétés doivent-elles se penser comme des espaces pacifiés où des individus viennent s’agréger, ou comme des territoires conflictuels où ils s’affrontent ? Ces questions, très générales, seront évoquées en présentant les grandes traditions intellectuelles qui ont structuré la discipline et en détaillant les travaux empiriques qui leur ont donné corps : la tradition durkheimienne, via l’étude de la division du travail, du suicide et de la mémoire collective ; la tradition weberienne, centrée sur la compréhension des singularités de la trajectoire occidentale de rationalisation des activités ; la tradition critique, organisée autour d’une représentation des conflits de classe et des logiques de domination.
Cette présentation sera complétée par une présentation de grands thèmes qu’abordent les sciences sociales. Ces thèmes permettront par exemple de présenter les évolutions touchant la famille, l’éducation, la religion et les valeurs, l’Etat ou les firmes contemporaines. La sélection des thèmes, qui pourra être revue d’une année sur l’autre en fonction, notamment, des souhaits des élèves, obéit à un double principe : ils ont été travaillés en profondeur par la discipline, et ils correspondent à des tensions dominantes au sein des sociétés contemporaines. Ils doivent par conséquent permettre de montrer comment les propositions de la discipline rendent possible la compréhension des sociétés contemporaines en s’appuyant sur un savoir et des méthodes d’enquête stabilisées. La présentation de ces travaux sera enfin l’occasion de présenter les principales méthodes qu’utilisent les sciences sociales – enquête ethnographique, questionnaires, analyse géométrique des données, analyse de réseau, etc.
Le travail en séance reposera sur des lectures de texte qui auront été préalablement distribués aux étudiants, et que les étudiants auront à présenter sous forme d’exposés. Il pourra s’appuyer, ponctuellement, sur un matériau cinématographique, littéraire ou pictural, qui sera présenté en séance.
Séances 1 & 2 - La tradition durkheimienne
Séances 3 & 4 - La tradition wébérienne
Séances 5 & 6 - La tradition critique : de Marx à Bourdieu
Bibliographie indicative
Séance 7 - Le fait religieux : regards classiques, réalités contemporaines
Séance 8 - La construction de l’Etat et ses recompositions contemporaines
Séances 9 - Le capitalisme : genèse et crise
Séance 10 - La fabrique sociale des inégalités : domination économique et pratiques culturelles
Séance 11 - Les limites du regard sociologique : La déviance – comment rendre compte des comportements qui rompent les normes établies ?
Séance 12- Les limites du regard sociologique : L’art – peut-on expliquer (sociologiquement) le génie ? Beethoven, Rembrandt, Hitchcock
Dernière mise à jour : mercredi 20 mai 2009

