Partis, nation, République en France au XXe siècle.
Après avoir sombré dans un discrédit total, l’histoire politique fait depuis deux ou trois décennies un retour en force fondé sur un profond renouvellement.
C’est en particulier le cas de la recherche sur les partis, au carrefour de la longue durée et de l’événement singulier. Elle a montré que l’idéologie à laquelle ils se réfèrent est moins une base doctrinale qu’une nébuleuse diffuse et implicite dans laquelle se reconnaissent tous les membres d’une même famille de pensée, souvenirs historiques, héros consacrés, symboles, vocabulaire codé… Le terme de culture politique renvoie à ce système de références commun aux dirigeants, aux élus, aux militants et aux électeurs, qui assure la pérennité des formations au-delà des aléas conjoncturels.
De même la République en France ne constitue-t-elle pas simplement un régime institutionnel mais un véritable modèle politique qui se caractérise autant par le mode de désignation, les rapports des pouvoirs entre eux et les modalités d’action, que par les représentations mentales, les références historiques, les valeurs et les pratiques ; il forme donc une sorte d’« écosystème social » qui s’est révélé opérant dans le premier tiers du siècle puis, sur des bases radicalement différentes, dans la Ve République postgaullienne.
Trois séquences se dégagent par conséquent : l’élaboration et l’apogée entre 1900 et 1930 ; la contestation de 1930 à la fin des années 1950 ; la reconstruction depuis lors.
Il est tentant d’esquisser une confrontation de ces deux grilles de lecture, l’une nationale, l’autre partisane.
La démarche proposée s’articule en trois temps:
Cette démarche thématique ne fait pas abstraction de la continuité chronologique.
Le Parti radical (le premier parti moderne, son projet républicain…). Libéraux et modérés (opportunistes, indépendants, giscardiens…).
La démocratie chrétienne (le MRP, la spécificité française dans un courant européen…).
De la SFIO au Parti socialiste (le « socialisme républicain », la participation au pouvoir, l’alternance…).
Le PCF (communisme et nation ; une contre-société…).
L’extrême gauche (un mouvement totalitaire ? ; le trotskisme).
Problématiques transversales à la gauche (l’internationalisme ; l’anticommunisme)
La tentation de l’extrême droite (la ligue, le Front national…).
Le gaullisme (nationalisme et rassemblement, la Ve République ou un nouveau modèle républicain…).
Chaque parti politique sera étudié au travers de sujets ponctuels et de documents que les étudiants auront à analyser sous la forme d’un bref exposé oral.
Un polycopié fournira les jalons nécessaires - instruments bibliographiques, cadres chronologiques - ainsi que les textes à commenter.
Bibliographie
Dernière mise à jour : jeudi 10 mai 2007

