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Responsable :
Niveau : UnderGraduate Langue du cours : Français Période : Automne Nombre d'heures : 24 Crédits ECTS : 1 |
L’artiste doit-il avoir du savoir ? Avec cette question quelque peu provocatrice, on se demandera sérieusement si l’artiste (le peintre, principalement, mais sans exclusive d’autres pratiques) doit être savant. Plus exactement, on examinera quel type de savoir lui est utile, et peut lui être reconnu. Le séminaire se décomposera de la sorte, au fil des séances : • Qu’est-ce qu’un artiste ? cette notion si fréquemment utilisée a une histoire. Il y a, d’une certaine manière, des artistes avant l’âge de l’ “artiste” (le mot “artiste” date du XVIe siècle) ; de l’atelier médieval ou du “peintre de cour” jusqu’au “génie incompris” et au “bohême” du XIXe siècle, la réalité de ce qu’est un artiste, le regard que la société porte sur lui, diffèrent essentiellement. • L’artiste se définit-il par son savoir-faire technique ? c’est le cas, en large partie, au Moyen Age, où l’artiste est regardé comme “mécanicien”. • L’artiste doit-il être érudit ? Doit-on le considérer comme un intellectuel, et peut-être l’égal du philosophe ? telle est la conception de l’âge classique (XVII e siècle), qui a promu la figure d’un artiste humaniste. • Plutôt que d’une expertise générale, on peut penser qu’il faut à l’artiste une connaissance de sa propre histoire, c’est-à-dire des œuvres qui ont nourri la tradition qui est la sienne. Plus généralement, le créateur doit être sensible aux questions philosophiques, aux enjeux politiques et économiques, et aux débats scientifiques de son époque. Dirons-nous que cette sensibilité peut s’accommoder d’un savoir approximatif plutôt qu’exact ? Que ce savoir peut-être délibérément faux ou consciemment faussé ? Car cette fausseté même, l’inexactitude tout au moins, sont peut-être ce qui permet à l’imagination de s’élancer, et au processus créatif d’avoir lieu. • On s’intéressera à la quête de savoirs alternatifs : en ce cas, l’effort de l’artiste consiste à tâcher d’oublier les acquis de sa propre culture pour les remplacer par d’autres références : peintres et sculpteurs ont ainsi puisé aux sources du japonisme à la fin du XIXe siècle, puis dans les arts “premiers” au début du XXe siècle. • Nous examinerons le cas d’artistes qui ont cherché les moyens d’un renouvellement dans une amnésie délibérée : il s’est agi alors, au XXe siècle, de renouer avec la prétendue virginité culturelle des créateurs de l’ “art naïf”, de l’ “art brut”, ou des enfants. • Inversement, en nous aventurant sur des terrains techniques plus ou moins aisés ou difficiles à approcher pour un historien formé à l’école d’une approche littéraire des arts, nous examinerons comment des artistes, au XXe siècle, au XXIe siècle, ont renoué avec l’idée d’une création informée, en examinant, soit le renouveau d’un art “lettré” et aux références culturelles relativement décalées par rapport à l’époque contemporaine (en considérant le renouveau des thèmes mythologiques), soit au contraire, comment ils ont exploré les directions novatrices indiquées par les recherches scientifiques de leur temps, de la chronophotographie de la fin du XIXe siècle, au biomorphisme de l’entre-deux-guerres, et jusqu’aux réalisations présentes du bio-art et de l’art environnemental, dont les acteurs explorent les liens entre nature et technologie. Le support pédagogique du séminaire sera livré sur la page dévolue, non dans sa totalité finalisée au commencement de l’enseignement, mais séance par séance. Bibliographie indicative : - Ph. Dagen, N. Laneyrie-Dagen, P. Wat, Le métier d’artiste, Paris, Larousse, 2012. - Florence de Méredieu, Histoire matérielle et immatérielle de l’art, Paris, Larousse, 2008. - Rudolf et Margot Wittkower, Les Enfants de Saturne, Psychologie et comportement des artistes de l’Antiquité à la Révolution française, Paris, Macula, 1985. D’autres titres seront suggérés au fil des séances, sans qu’on attende des étudiants autre chose qu’un feuilletage soigneux et une lecture partielle de certains de ces titres. Dernière mise à jour : jeudi 11 octobre 2012 | |||||
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